5 novembre 2020 : journée nationale de lutte contre le harcèlement scolaire

Pas mal de choses se profilent à la première semaine de novembre pour moi. En effet, je sors de ma zone d’enregistrement habituelle pour aller à Bourgoin-Jallieu recueillir le témoignage de Timothé et je prend mon ticket de train direction région parisienne au lycée Galilée de Gennevillier dans le 92, pour faire écouter Bullied, le podcast sur le harcèlement scolaire qui fait bouger les marges.

Bullied avec Timothé Nadim : un épisode spécial lutte

Timothé petites lunettes rondes, cheveux mi-long et pull de noël m’accueille chez lui à Bourgoin Jallieu pour enregistrer Bullied. Ce n’est pas sans joie que je renontre souriant et généreux, l’invité de ce chapitre spécial. Timothé Nadim est un drôle d’oiseau et le génial créateur d’un futur réseau social qui aidera les élèves subissant du harcèlement à l’école à rencontrer d’autres personnes victimes de harcèlement scolaire pour les sortir de l’isolement. Il est primordial selon lui d’agir sur cela pour libérer la parole, pouvoir discuter avec des pairs mais aussi des professionnels qui pourront accompagner des jeunes en souffrance.

timothé nadim harcelement scolaire podcast
Timothé fait partie des 100 personnalités en 2020 que Brut a voulu mettre en avant pour changer le monde

Si ce fléau du harcèlement scolaire touche un élève sur dix, ce n’est pas pour rien que Timothé en a fait son combat. C’est presque la raison de vivre de cet homme de 23 ans qui veut absolument faire tout son possible pour que d’autres gamins n’endurent plus ce qu’il a vécu. Lui, comme de nombreux ados ou même enfants, a voulu mettre fin à ses jours du fait des violences quotidiennes qu’on lui infligeait au collège. Il parle de la solitude et des amitiés qu’il a vécu et nous partage à demi-mots son expérience difficile à avouer encore aujourd’hui.. Des parents étant très peu enclin à prendre au sérieux ce qu’il vivait à l’époque, il retrouve aujourd’hui une vie plus apaisée.

Retrouve l’épisode et toutes les applis mobiles, Spotify et deezer à partir du 6 novembre.

Sensibilisation sur le harcèlement scolaire avec Laissez parler les gens

Il y a quelques temps j’ai rencontré l’association « Laissez parler les gens ». Un beau projet porté par Yann Elliam et Gaëlle Akhanny qui interviennent en milieu scolaire à travers la vidéo principalement, pour donner la parole aux lycéen.ne.s sur des sujets tels que la stigmatisation des banlieues, le racisme ordinaire, l’homophobie, le sexisme. Ils ont d’ailleurs remporté le concours « Non au harcèlement » du meilleur film Lycée de l’académie de Versailles et finalistes au niveau national en 2020 !!!

prix concours non au harcèlement scolaire

Ce fut un véritable coup de cœur réciproque et nous avons décidé de mener des actions ensemble par le futur. C’est ainsi que notre première collaboration s’est faite symbolique pendant la semaine de lutte contre le harcèlement scolaire le 5 novembre au lycée Galilée à Gennevilliers (92). Pour sensibiliser les élèves aux discriminations et aux violences qui en découlent, une soixantaine d’ambassadrices et ambassadeurs contre le harcèlement scolaire nous ont fait l’honneur de témoigner, écrire des mots de soutien aux victimes pour les encourager à parler, à ne pas se renfermer, d’autres se sont excusés au micro de Bullied pour leur comportements passés.

Ainsi, lors de cette journée très spéciale, on pouvait lire sur les portes, poteaux, murs et vitre de l’établissement des nombreux messages dédiés à la cause. A ne pas oublier le numéro vert 3020 qui est un numéro à appeler en cas de harcèlement scolaire pour pouvoir vider son sac et être écouté de manière anonyme.

De nombreuses jeunes femmes et jeunes hommes m’ont touché. Ils étaient très intéressés et avaient envie d’agir pour que les moqueries cessent à l’école et au collège, là où la différence est bien plus souvent pointée du doigt.

écoute bullied au lycée galilée à genevillier avec dire-son
Stand d’écoute du podcast Bullied au lycée Galilée

J’ai ressenti beaucoup de solidarité et de bienveillance au sein de ces lycéens curieux et généreux. Qui a dit que les nouvelles générations étaient individualistes ?

J’ai vraiment confiance à présent en ces jeunes qui veulent faire changer les mentalités pour plus de tolérance envers les personnes lgbt+, pour un environnement plus respectueux envers la faune et la flore. J’ai pu détecté une réelle prise de conscience du bullying du moins chez les suiveurs et suiveuses qui n’avaient pas vraiment compris l’ampleur de leur comportement nocif auprès des personnes dénigrées.

Cette journée et cette semaine ont été pleine de richesse sur le plan moral en ces temps de covid19. Merci beaucoup à Yann et Gaëlle mais aussi au personnel du lycée et notamment Tiphaine Durand qui a mobilisé tant de jeunes autour de cette cause.

Si tu souhaites faire connaître le podcast Bullied pour un monde un tout petit peu plus meilleur mets 5 étoile sur Itunes/Apple podcast pour aider à remonter le référencement de Bullied et pourquoi pas nous partager ton avis ou ton expérience là-dessus? Merci pour ton attention en tout cas, c’est très précieux !

Jeune Juliette, grossophobie & harcèlement en teenage land

Sortie le 11 décembre 2019

Anne Emond réalisatrice québecoise s’adresse aux nostalgiques de la période de l’adolescence : inscouciance, premiers émois et gros coups durs ! Ce moment où l’on se cherche, où l’on construit sa confiance en soi et on essaie de s’affirmer, de plaire, d’être aimé.

Nous avons voulu parler de ce film car il est à l’image du podcast « Bullied », un retour en arrière vers cet âge tendre où la vie ne fait pourtant pas tout le temps des cadeaux. Avant la période de noël, allez voir « Jeune Juliette » un film à voir en famille et/ou entre amis, qui décrit de manière tellement juste les relations humaines.

Le personnage de Juliette que son père qualifie d' »enrobée » lorsqu’elle lui demande quand est-ce qu’elle a commencé à devenir grosse, est la protagoniste interprétée par la jeune et fantastique Alexane Jamieson. Cette héroïne est parfaite dans le sens où elle incarne avec brio l’anti-héro : d’abord elle est grosse et ne correspond donc pas aux standards de beauté et s’ennuie de sa vie plus qu’ordinaire… Elle fantasme sur le cliché du mec faussement rebel et rêve de s’installer à NYC aux côtés de sa mère. Ensuite, elle fait des erreurs, beaucoup de boulettes tout comme elle fait parfois preuve de bravoure, pour ce qui est de défendre les plus démunis ou faire ce qui lui semble juste. Son petit monde se résume à son père et son frère qui sont très cool, sa meilleure amie avec qui elle partage une relation cryptolesbienne et un petit garçon autiste asperger qu’elle baby-sitte. Ce beau petit monde qui l’entoure ne correspondant pas aux normes d’un monde où il faut être beau et populaire, elle les chérit et en a honte à la fois : son refuge est sa prison. « Losers » comme elle, elle rêve de s’échapper de son bled et de fuir sa condition de grosse intello pour retrouver un peu d’air à la « big apple ».

Le harcèlement : un phénomène insidieux multiformes

Dans cette comédie pleine d’humour et d’humanité, les personnages ne sont pas manichéens comme dans la plupart des teens movies : populaires / sportifs/ méchants gratuitement versus pauvres / intellos / harcelés. Rien n’est montré de manière gratuite et tout est nuancé, subtile. On y montre des rapports de force dominants/dominés comme dans le processus de harcèlement où le groupe broie l’individu. Mais on y montre aussi que parfois, ces rapports s’inversent. Même si la grossophobie reste un fléau sociétal, on évoque aussi l’homophobie ordinaire dans une société québecoise plutôt progressiste envers les personnes lgbt+. On évoque aussi bien les différentes réactions face aux petites violences au quotidien qu’on peut ignorer ou esquiver grâce à la réparti, comme les humiliations qui marquent à vie et provoquent l’envie de s’isoler, de partir loin…

La force de ce film qui peut parfois faire penser à « Precious » dans l’humour malgré la tragédie, ou encore la série « The end of the fucking world« qui célèbrent les « weirdos » est un hymne à la différence. Ces oeuvres qui décrivent de manière juste des relations complexes et fortes qui reposent en fait, sur des gestes et des actes d’amour : souvent les plus simples et les plus beaux…

Dire-son ne peut que vous recommander chaudement cette comédie qui parle donc de harcèlement, mais aussi de quête d’identité, d’amour de soi et des autres. « Jeune Juliette, comme notre podcast « Bullied« , ne verse ni dans le mélodrame ni ne réduit les personnes harcelées à leur condition de victimes. C’est un feel-good movie qui encourage à l’empowerment et au droit d’exister en dépit des autres. Une belle leçon de vie et d’espoir dans ce monde de bruts… !

En salle actuellement au Club de Grenoble, voici la bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19586505&cfilm=276141.html